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1827-1830
Savoie ne parla point de ces graves événe-ments ; on eût dit que tous les rouages officielset officieux conspiraient pour étouffer les bruitsdu dehors, pour cacher cette flamme qui venaitsubitement d’illuminer l’horizon. Mais les voya-geurs et les émigrants colportaient les nou-velles, enflées, exagérées par l’esprit de partiet par les précautions mêmes du pouvoir ; de lafrontière on voyait les cocardes tricolores, onentendait le canon de Grenoble et de Barraux,célébrant les trois journées ; d’une rive à l’autredu Rhône, au chant de la Marseillaise , oublié de-puis trente ans, l’écho résonnait, les vieillards seredressaient, le cœur des jeunes hommes vibrait.
Le respect de la majesté royale fut cepen-dant, cette fois encore, plus puissant en Savoieque l’instinct révolutionnaire. Charles-Félix setrouvait en villégiature à Hautecombe lorsquele bruit arriva de la révolution de Paris; ses: officiers le sollicitent de retourner à Turin;
! ils lui représentent qu’à deux heures du Rhône,dans ce lieu désert, des aventuriers, insurgésde Lyon ou réfugiés de Genève, peuvent l’enle-ver par surprise, faire de sa personne un otage ;ils lui montrent la Savoie minée par les francs-maçons et les carbonari, affiliée aux révolu-tionnaires italiens et français. Le roi, les raillantfinement de leurs terreurs, répond à ces amis: zélés : Soit ! Chef d’Etat, je n’ai pas le droit de
i m’exposer à un coup de main. Mais il suffit quej je m’arrête à Chambéry ; là, au milieu de mes[ fidèles Savoyards, je ne crains plus rien. Qu’ai-\ je besoin de soldats? Ne sauront-ils pas megarder? Il part aussitôt. Ces nobles paroles et; cette simplicité confiante rallient au vieux roijusqu’aux plus impatients partisans de la Révo-