Band 
Tome troisième.
Seite
256
JPEG-Download
 

1835-1838

256

à leur tour : Joseph de Maistre était mort eu4821, Berthollet en 1822, le marquis JosephCosta en 1824, Fodéré en 1835. La Savoie jouis-sait alors d’un prestige singulier; il semblaitqu’un charme possédât ses vallées et ses monta-gnes et s’attachât aux rêveurs qui s’y réfugiaient.On disait, à Paris, que le français s'était re-trempé à Bissy dans le génie de Joseph de Mais-tre, comme il s’était retrempé, aux Charmettes,dans l’ignorance de J.-J. Rousseau; Lamartineavait immortalisé le lac du Bourget dans la plusbelle de ses poésies 1 , et l’auteur du Lépreuxdevenait en six mois célèbre. Dans les moeurs,on trouvait ce mélange de simplicité et d’ironienaturelles aux gens que le sort a brusqués etqui restent plus indifférents qu’insensibles,moins révoltés que frondeurs. La Cour de Turinavait cru qu’il suffisait de restituer à de vieillesinstitutions des appellations vieillies pour res-suciter l’esprit et la forme de l’ancien régime;mais on ne parlait des nobles syndics qu’en sou-riant et l’on raillait le préambule ambitieux desmanifestes et des placards officiels. Malgré lamorgue et la froideur des réceptions du châteauet le soin avec lequel tout ce qui n’appartenait

exposés en 1801 et 1802 ; le numismate Tochon , d’Annecy(1772-1820) ; M me Fanny Mongellaz, née Burnier-Fontanel(1798-1829), que Charles Nodier loua si délicatement pour sonlivre sur les femmes -, le mathématicien Nicolet, professeur àParis, et l’abbé Borson, minéralogiste à Turin (1830); l’astronomeMarcoz, à Lyon (1835) ; l’avocat Carrier, du Châtelard, profes-seur de droit à Dijon (1770-1841); les astronomes Bouvard etNicollet, morts l’un à Bruxelles, l'autre en Amérique (1843).En Savoie, G.-M. Raymond, de Sixt (1769-1839) ; Claude Saint-Martin, secrétaire de la ville de Chambéry de 1786 à 1837 ;Mgr Rey, évêque d’Annecy (1767-1842), etc.

1 Lire le livre XII e des Confidences où Lamartine fait un sidélicieux tableau de Servolex et de ses hôtes.