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Tome troisième.
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1347-1848

chancelleries, dans les rues ensanglantées des grandesvilles et bientôt sur les champs de bataille. Du jour aulendemain, il ne s’agit plus a’un bout à l’autre de laPéninsule des réformes promises ou des améliorationscommencées, il s’agit de s’armer à la hâte et de marcher.—C’est la question nationale qui l’emporte et domine lesautres, écrivait encore le comte Rossi dans une dernièrelettre à M. Guizot (6 avril 1848). L’élan est général,irrésistible. Les gouvernements italiens qui ne le secon-deront pas y périront. »

Les conditions de l’équilibre italien étaientdonc singulièrement changées depuis la triplealliance du 3 novembre 4847. La Savoie ne s’ytrompa point. Désormais, la fédération devenaitun rêve, et c’était l’indépendance unitaire quele Piémont allait poursuivre, per fas et nefas.Aussi les manifestations eurent-elles un carac-tère bien différent, suivant qu’elles se firent surl’un ou sur l’autre revers des Alpes. En Ligurie,en Piémont, l’idée politique, le rêve d’indépen-dance, la haine de l’Autriche, associaient toutesles forces vives de la population dans un sensradical de guerre et de liberté : Vive le Statut!guerre à l’Autriche ! En Savoie, au contraire,pays de bon sens où la pratique des affaires nelaisse que peu d’issues aux entraînements, etoù l’on s’intéresse au positif de la vie beaucoupplus qu’aux utopies, on cria : Vivent les réformes!La presse, organe du parti conservateur et libé-ral, me paraît être, pour ce court instant, l’in-terprète exact de l’esprit public; car le peupledes campagnes et les artisans des villes obéis-saient encore aveuglément aux ordres du clergéet des propriétaires fonciers qui seuls possé-daient l’influence.

« Il est évident, publiait-on, que le grand mouve-