1847-1848
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de Rome, Florence et Turin, premier pas dansla voie des alliances politiques ; la Savoie com-prit que le faisceau de la fédération italiqueétait formé; elle salua avec bonheur des plansqui pouvaient l’associer elle-même à la libertéitalienne tout en lui allégeant la servitude pié-montaise. Malheureusement, la succession deParme vint, quelques semaines plus tard, ser-vir d’occasion à une nouvelle et brutale inter-vention des Autrichiens. Le Piémont hésita; leparti radical en prit prétexte, à son tour, pouraccuser les libéraux de trahison ; le comitédes émigrés mazziniens prêcha l’insurrectioncomme le seul moyen efficace de précipiterl’octroi des constitutions. La crise d’Italie devintl’un des embarras de la diplomatie européenne ;la question des réformes locales faisait place àcelle de l’indépendance; l’idée cl’unité dominaitdésormait toutes les autres.
A Rome, les modérés, impuissants à maîtriserle torrent révolutionnaire, s’écartent pour lelaisser passer; il valait mieux rester en avant,et tout hasarder pour le contenir et le diriger.Des émeutes éclatent à Palerme, à Naples, àMilan, à Venise ; les troupes autrichiennesd’occupation sont triplées; le Piémont rappelleses réserves ; les agents de Paris et de Londresessaient alternativement d’apaiser les conflitsou de les aggraver. La lutte n’existait pas seu-lement entre le parti de la réaction de 1815, sipassionnément attaqué, et le parti de la Révo-lution, impatient d’arriver au pouvoir ; elle étaitsurtout entre un peuple envahi et l’étrangerenvahisseur.
« On avait tout fait pour ajourner cette question ; elleapparaissait seule et terrible dans les notes effarées des