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populaires que ne dirige pas un grand esprit ;ils avortent ou s’exagèrent ; ils tombent dansl’impuissance ou dans la dictature. Le Parle-ment de Turin, rouvert le 1 er février 1849,demandait impérieusement le renouvellementde la guerre contre l’Autriche, et s’écriait, parla voix de ses plus fougueux orateurs : L’oradélia secunda riscossa c giunta! Les députésde la Savoie résistèrent à cet entraînement ;leur attitude, franchement hostile à la guerre,montra, quel peut être l’embarras d’un paysdont les éléments sont discordants, où lesprovinces ont des intérêts opposés et les popu-lations des aspirations contradictoires. Seized’entre eux se réunirent et rédigèrent (16 fé-vrier 1849) un Mémoire sur l’état de la Savoiequi fut remis aux ministres et distribué auxmembres du Parlement. Ce manifeste, posanten principe que les griefs de la Savoie étaienttrop nombreux pour qu’on en dressât la liste,insistait sur les principaux : classement desroutes onéreux aux provinces ; frais du cultelaissés à la charge du pays ; tarif des douanesprohibitif de toute activité; invasion des Pié-montais dans les emplois supérieurs; classifi-cation inégale des tribunaux ; centralisationde l’enseignement à Turin ; impôts excessifs ;charges militaires injustes. Ses conclusionsétaient nettes : décentralisation administra-tive, emploi des impôts en travaux publics,refus de prendre part aux guerres offensives;tout cela motivé sur les traditions de grandeuret d’autonomie d’un pays, qui ayant jadisconquis le Piémont ne veut point aujourd’huirester son vassal. Mais la protestation de cegroupe de députés, fidèles au mandat impératif