1850-1855
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tous d’accourir aux genoux de M. le délégué pour servirSua Eccelenza. Nous avons d’autres mœurs. 1 »
Quand une fois les susceptibilités d’un corpsou d’une population ont été froissées, il estmalaisé d’y porter remède. Les essais de con-ciliation deviennent autant de piqûres sur desplaies vives; et le mal paraît inguérissable lors-qu’une influence occulte, qu’on ne sait où saisir,qui se dérobe au reproche comme à la persua-sion, entretient ces motifs de querelle, dont unmalentendu fait toute la gravité.
La dissolution du Conseil est suivie de mani-festations décisives Le G mai, jour de la pro-clamation du dogme de l’immaculée-Concep-tion, une illumination splendide flamboie auxmaisons de Chambéry; seuls, les édifices pu-blics restent dans l’ombre. Huit jours plus tard,au septièmé anniversaire du Statut (14 mai) laville demeure muette et sombre, à son tour,tandis que le vent éteint les rares lampions duchâteau. La garde nationale, forte de 1,041miliciens et de 22 officiers, était convoquéepour la revue d’honneur ; 12 hommes seule-ment répondent à l’appel. Les villes de Saint-Jean de Maurienne et de Bonneville imitentla capitale. Le cabinet de Turin s’irrite; lagarde nationale est dissoute (19 mai) ; de jeunesmagistrats sont destitués ; la fibre patriotiquese roidit ; un député écrit au comte de Cavour :A têtu, têtu et demi; ce n’est pas en Savoie queles têtes sont des girouettes. Aux élections mu-nicipales (2 juillet), les ministériels et les démo-crates sont battus, les candidats de la droitepassent presque partout avec une imposante
1 Courrier des Alpes du 28 avril 1855.