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Tome troisième.
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1850-1855

majorité 1 . M. de Cavour ne se tient pas pourvaincu et donne l’ordre d’exécuter la loi du29 mai. Cette loi n’avait pour la Savoie qu’uneimportance médiocre 2 ; le marquis Costa avaitsuggéré au ministre un moyen légal d’évitertout conflit; car, saut' les Capucins, il ne setrouvait pas dans la province d’ordres religieuxnominativement désignés par le décret de sup-pression et auxquels la loi fût applicable sanséquivoque. M. de Cavour paraissait disposé àtransiger sur les laits à la condition de ne pointmettre en danger le principe; mais le partiadverse se souciait peu des bénéfices d’une tran-saction ; il lui fallait, ou que les ménagementsaccordés à la Savoie pussent être exploités parles couvents de Piémont et de Sardaigne pourrendre la loi d’une exécution impossible dansces pays, ou que la Savoie devint, aux yeux del’Europe, une autre Irlande. La finesse de M. deCavour évita le premier péril ; il s’en expliquafranchement :

« Vous ne pouvez douter, écrivait-il à M. Costa, demon désir d’apporter dans l’application de la loi enSavoie tous les ménagements possibles. Mais, si l’onadmettait le principe que des Capucins qui prêchentne sont pas de véritables Capucins, il faudrait conservertous les ordres mendiants. De même, si vos Carmélites

1 Cette rapide esquisse des partis qui se disputaient la con-duite des affaires n’a pas la prétention d’être leur histoire. Jen’aborde ici que les faits dont l'enchaînement est nécessairepour expliquer la formation et les progrès de l’idée annexioniste.

2 D’après la statistique fournie à la Chambre, il y avait, en1854, dans les Etats sardes, 334 couvents habités par 8,56'!personnes vivant en religion et possédant des propriétés ruralespour 29,797,432 livres, des bâtiments évalués 12,928,931 livreset des rentes arrivant au chiffre annuel de 830,812 livres. Iln’y avait en Savoie que 7 couvents cloîtrés.