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1880-1855
tins de Conflans, l’insinuateur local procédaavec une insolence que le Père gardien réprimad’un mot : secouant au visage du Piémontaisébahi la besace du frère quêteur, il dit en sou-riant : Ecco la cassa! Voici notre coffre-fort!Et montrant quelques légumes : voici nos billetsde caisse ! Dans les premiers jours d’août, onrédigea des inventaires aussi dérisoires chezles Capucins d’Yenne, de La Roche, de Tho-non, et chez les Augustines du Pont-de-Beau-voisin; à la chartreuse du Reposoir, le couventavait passé, depuis quelques jours, entre lesmains d’un possesseur laïc qui exhiba son titre.Partout, un blâme énergique accueillit des me-sures au moins inutiles et que, dans tous lescas, il était excessif d’accentuer par le bris desportes, alors qu’il suffisait, pour sauvegarder lesdroits de la Caisse ecclésiastique, d’un simpleprocès-verbal de sommation. Mais, d’une parton exploitait le scandale, de l’autre on espéraitintimider la résistance. La polémique du Cour-rier des Alpes devint si violente que son ré-dacteur en chef, M. Gault, Français d’origine,fut expulsé de Savoie le 44 août.
Les Ordres atteints par les actes du gouver-nement portèrent la question devant les tri-bunaux; le procès des Capucins et des Car-mélites contre la Caisse ecclésiastique fut plaidéune première fois, à la Cour (25 août), par lesavocats Pillet et Greyfié. En novembre, leministre Lanza enjoint aux dames du Sacré-Cœur d’avoir à se présenter dans les huit joursaux examens universitaires qui donnent droitaux diplômes de capacité, si elles ne préfèrentfermer leur pensionnat; nouveau procès. Quel-ques jours plus tard, le roi Victor-Emmanuel,