1858-1858
du roi de Sardaigne et du prince Napoléon, le31 août 1857 ; de là, ils allèrent assister à la posedes pilotis du pont international de Culoz ; maisces solennités qui, trois ans plus tôt, auraiententhousiasmé les populations, ne furent ac-cueillies qu’avec une curiosité méfiante. Cestravaux n’intéressent que médiocrement lepays, disait le bon sens national; ce tronçon devoie rapide, qui permet de traverser en quatreheures la Savoie, n’est qu’un pont jeté sur nousde la France à l’Italie. Aussi la Savoie ne prit-elle qu’une part indifférente à l’exposition desarts et de l’industrie à Turin 1 .
Les trois journaux de Savoie, le Courrier des
lesquels ne furent abordés avec les machines qu'après l’an-nexion, le 12 janvier 1861 à Bardonnèche, le 25 janvier 1863 àModane. Ce vaste projet d'abaisser les Alpes, rêvé avec l’unitéitalienne par Charles-Albert (plans de l’ingénieur Maus, —1845), ne fut réalisé que par l'énergie de M. de Cavour et l’in-sistance persuasive de MM. Paleocapa et Menabrea (séancesde juin 1857). L’ingénieur chargé de la direction des travaux,M. Sommeiller, de Saint-Jeoire en Faucigny, s’associantMM. Grandis et Grattoni, transforma par son génie les essais deMaus et de Bartlett (Traforo delle Alpi tra Bardonnèche eModane. 1863. — Conférences do M. Conte à l’école impérialedes ponts-et-chaussées, 1864), inventa des machines à la foispuissantes et légères qu’il fit mouvoir par l’air comprimé et nese laissa décourager ni par les périls de l’entreprise, ni par l’im-prévu des obstacles, ni par le dédain des corps savants. C’estune gloire pour le Piémont d’avoir cru possible cette œuvre degéants. La Savoie s’enorgueillit des trois hommes qui en eurentl’idée (Joseph Médail), qui l'imposèrent à la politique (Mena-brea) et la firent passer de la spéculation pure dans la pratique(Sommeiller). Aussi la France, héritant les droits de la Savoiesur la percée des Alpes, a-t-elle pris sa part dans les frais del’entreprise, tout en laissant au Piémont l’honneur de la direc-tion des travaux (Convention internationale du 7 mai 1862).
1 Sur les 1514 numéros du catalogue, la Savoie ne figureque pour 170; la plupart des articles exposés ne sont que deséchantillons de marbres et de minerais, symbole expressif deforce et d’inertie.