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Tome troisième.
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1859

dégager des promesses faites à la France. Tou-jours aux aguets du côté de Paris, les SavoyensVirent une preuve des tiraillements diploma-tiques dans le fameux article de Granier deCassagnac sur l’ingratitude de VItalie '.

Le voyage en Savoie du prince de Piémont etdu duc d’Aoste parut destiné à réchauffer le zèledynastique; mais l’abstention de la noblesse etl’affectation des radicaux à fêter les princesfurent également significatives ; le séjour à Ge-nève et à Aix du comte de Cavour 2 fut exploité,à tort ou à raison, comme une marque de l’em-pressement du Piémont à brouiller les cartessans qu’on pût accuser de duplicité les minis-tres e.n exercice. La terreur du démembrementse fit jour, pour la première fois, par une lettreanti-française que publia Le Statut et la Savoiele 24 août 1859. Les agents officiels ne cessaientd’apporter des entraves à l’agitation provoquéepar les signataires de la pétition au roi ; ilss’efforçaient de peser sur le clergé, tantôt en lemenaçant de nouvelles lois Siccardi, tantôt enaccusant la France de sacrifier le pouvoir tem-porel du pape 3 . Le Bon sens, organe du clergépendant la suppression du Courrier des Alpes,fait à ces essais une vive réplique :

« Le gouvernement va à la dérive : en politique, il

1 I.e Pays, du 10 août 185!).

M. de Cavour, démissionnaire le 13 juillet 1859, après lespréliminaires de Villafranca qui brisaient ses plans, ne devaitrenlrer au pouvoir que le 21 janvier 1860. Dans cet intervalle,il parcourut l’Europe au profit du Piémont. On attribue h soninspiration les écrits remarquables publiés à Genève par sonami, M. William de La Rive.

3 Le traité de Zurich réserve les droits des princes italiensdépossédés ; mais le gouvernement français n’interviendra plus