1860
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contre 8 abstentions, en faveur de l'unité indi-visible de la Savoie et adhère à la déclaration-du 45 février; le Conseil d’Annecy l'imite par23 voix contre 7. Ce serait un nouveau partagede la Pologne! s’écria le général Menabrea. Lemot fit fortune et décida M. de Cavour.
Le 10, une proclamation du gouverneur, M.Orso Serra, laisse entendre que le consente-ment du cabinet sarde est acquis à la séparationde la Savoie 1 ; c’est le jour même où l’Emilie etla Toscane se déclarent unies au Piémont. LeCourrier des Alpes exprime aussitôt le sentimentdu parti conservateur par ce cri passionné :
<t Enfin nous voici Français ! Cet acte délie nos cons-ciences de tous scrupules; il est licite d’avouer nos pré-férences. Demain nous serons citoyens de la grandenation. La France est notre mère ; tout jeunes, nousavons appris à balbutier son nom avec amour et respect ;les chansons de France ont bercé notre enfance et égayénotre jeunesse ; nous avons partagé sa gloire et ses re-vers; nous avons pleuré avec elle à Waterloo et nousavons battu des mains au retour de ses aigles triom-phantes. Vive la France ! »
Une députation de quarante notables, dirigéepar un comité de cinq membres, MM. Grevfiéde Bellecombe, Bertier, de Laehenal, Rup'hy,Dessaix, se rend à Paris et porte à l’Empereurl’expression des vœux unanimes du pays. Le
1 Cependant les manœuvres d’intimidation et de séductionne discontinuaient pas. Le 16 mars, M. Duchesne écrivait duBettonet : < Nous sommes indignés des embarras que le gou-vernement met en œuvre pour paralyser les votes d’union h laFrance. Je dis le gouvernement, parce qu’il nous arrive desbrassées de brochures que le syndic remet au pedon communalet que le pedon nous distribue. Il n’est pas jusqu’au porteur decontraintes qui ne s’en mêle, avec des prières qui ressemblentà des menaces. >