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Tome troisième.
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1860

21 mars 1860, Napoléon III, dans une audiencesolennelle, entouré de tout l’apparat que l’éti-quette réserve aux seuls ambassadeurs, répondaux discours des Savoyens par des paroles dontla dignité lière eut un retentissement européen :

» Les circonstances dans lesquelles se produit cetterectification de frontières sont si exceptionnelles que,tout en répondant à des intérêts légitimes, elles ne bles-sent aucun principe et par conséquent n’établissentaucun précédent dangereux.

« En effet, ce n’est ni par la conquête ni par l’insur-rection que la Savoie et Nice seront réunies à la France,mais par le libre consentement du souverain légitime,appuyé de l’adhésion populaire. Aussi, tout ce qui enEurope ne cède pas à un esprit d’antagonisme d’uneautre époque, regarde comme naturelle et équitablecette adjonction de territoire. L’accueil fait aux com-munications adressées par mon gouvernement aux Puis-sances représentées au Congrès de Vienne autorise,pour la plupart d’entre elles, la juste espérance d’unexamen favorable.

« Mon amitié pour la Suisse m’avait fait, envisagercomme possible ne détacher en faveur de la Confédéra-tion quelques portions du territoire de la Savoie ; mais,devant la répulsion qui s’est manifestée parmi vous àl’idée de voir démembrer un pays qui a su se créer àtravers les siècles une individualité glorieuse et se don-ner ainsi une histoire nationale, il est naturel de décla-rer que je ne contraindrai pas au profit d’autrui le vœudes populations.

« Je tiendrai à honneur de réaliser toutes vos espé-rances. y

Le traité de Turin, du 24 mars 1860, est affi-ché le même jour à Chambéry et à Paris 1 . Le25, ont lieu ies élections des députés; dans

1 Art. le*. Lt) roi de Sardaigne consent à la réunion de laSavoie et du comté de Nice à la France, et renonce pour lui et