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1860
Le 14 juin 1860, une fête nationale célèbre,dans toute la France, le retour de six cent milleFrançais dans la mère-patrie ; le même jour,M. le président Charles Dupasquier, gouverneurde Savoie, signait le procès-verbal de remise aureprésentant de l’Empereur de l’ancien duchéde Savoie 1 , et le sénateur Laity prenait posses-sion des provinces annexées pour en confieraussitôt l’administration à MM. Dieu et Petetin,préfets de Chambéry et d’Annecy. Du 14 au18 juin, ce ne furent que fêtes civiques, chantset feux de joie, et le journal officiel des pas-sions éteintes parle vote d’avril pouvait s’écrier
tion d'une vigoureuse brochure intitulée : La langue françaisedans la vallée d'Aoste. (Lyboz, imprimeur. 1802.) LesValdô-tains avaient les mêmes griefs que les Savoyens ; 1860 lesséparait pour la première fois de la Savoie dont ils avaienttoujours fait , artie intégrante (voir ci-dessus page 343 et autome II e pages 17 et 534 a la note). La brochure municipalede 1862 se termine par ce cri d'indignation Si le Parlementitalien s'obstine a proscrire nos luis, on pourra dire qu’Aoste,pncelle pendant neuf siècles de barbarie, fui brutalement violéepar un peuple civilisé.
1 Ou forma deux départements ■ la Savoie , chef-lieu Cham-béry, la Haute-Savoie, chef-lieu Annecy, avec les arrondisse-ments d'Albertville, Mpùtiers. Saint-Jean de Maurienne, iho-nori, Saint-Julien et Honneville. La Savoie conserva sa Courd’appel et ses quatre évêques: on y créa une Académie; elledépendit de la ii» division militaire; d’immenses travaux pu-blics furent immédiatement inaugurés; une zone de douanessoumise h un régime exceptionnel é endit au Chablais et à unepartie du Genevois les privilèges du pays de Gex pour le traficavec la Suisse. Les lois françaises furent successivement misesen vigueur dans les pays annexés les 14 juin, 1 er août et 1 ernovembre 1860.
L’annexion a coûté b la Savoie deux hommes : le marquisLéon Costa, penseur élevé.dont la délicatesse exquise refusa deservir sa nouvelle patrie en se séparant de la première et quel’inaction tua trop tôt (1864! ; le général Menahrea qui, mettantan pratique le mot de César sur les préférences de l’hommed'nclion, fait aujourd'hui pour l’Italie, avec l’ordre, ce queM. de Cavour fil pour le Piémont avec la Révolution.
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