1860
— 3C8 —
en constatant l’unanime satisfaction du pays :On ne reconnaît aujourd’hui les anciens adver-saires de l’annexion qu’à un excès de chaleurpatriotique
.
Oublions les dix années qui nous séparentde ces événements; reportons-nous à ces lon-gues journées d’anxiétés et d'incertitude quepassèrent à Chambéry, à Annecy ou àThonon,de septembre 4858 à juin 1860, les hommessur qui reposaient alors les destinées du pays.
Le jugement des contemporains sur les évé-nements qu’ils provoquent ou qu’ils subissentest rarement le même que celui de la postérité.Un grand courant d’opinion populaire entraî-nait la foule ; à peine si quelques esprits sesentaient assez dégagés de l’émotion univer-selle pour apprécier froidement les chances del’avenir. Qui pouvait prévoir et préciser, en4860, autrement que par de banales espérancesles conséquences de l’annexion? Les résultatsn’en étaient pas pressentis, même par ceuxqui devaient en profiter le mieux ou par ceux
’ L’enthousiasme reprit, sans se lasser, lors du voyage del’Empereur et de l’Impératrice dans les Alpes, pendant lesdernières semaines d’août 1860 .