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camps, pour sauver le peu que la stérilité de la saisonavoit produit, on a esté obligé de le ramasser un moiset demy avant sa maturité et en verjus, en telle sorteque le prix du vin est présentement si excessif que lamesure qui se vendoit autrefois trois ou quatre sols encouste vingt présentement, ayant esté mesmes obligésd’en aller chercher à grands frais dans les pais estran-gers pour les nécessités indispensables de la vie commepour quelques vieilliards et gens de considération; carpour tout le menu peuple il est réduit au simple usagede l’eau. L’on ne sçait a qui recourir pour avoir raisonde ces vexations, les régiments changent de quartier ousortent du pays, le prevost a toujours quelques ordresparticuliers à ce qu’il dit, les frais qu’il faut que lescommunautés fassent pour en avoir satisfaction excé-dent le profit qu’elles en pourraient tirer ou bien elleest si éloignée et si mo ” e qu’elles abandonnent plustost tout que de faire des frais si inutiles ; si les rece-veurs ordinaires faisoient le recouvrement, quand ilsferoient quelques vexations on sçauroit à qui s’en pren-dre. Outre les impositions ordinaires les communautezsont surchargées de, mille autres choses quoy qu’il y aiten ce pais une troupe de mulets considérable entrete-nus aux dépens de S. M. et aux frais du pais pour leservice des vivres, on oblige les communautez a fournirdes charrois que l’on suppose devoir estre payés, cepen-dant quand les paysans apportent des billiets de voitureaux commis des vivres, ils disent qu’ils n’ont pointd’argent et leur font faire tant de frais là dessus qu’ilsabandonnent leurs poursuites ou vendent ces billietspresque pour rien, ce qui est une vollerie manifeste faiteau public et mesme aux directeurs generaux qui n’enpayent pas moins leurs commis, si bien que le prix deces voitures qui est si modique qu’un charretier nesçauroit gagner trente sols par jour avec ses bœufs estréduit à rien ; elles se font avec tant de dureté qu’ilfaut que les paysans quittent le labourage de leurs terresdans les temps les plus pressés et sur tout l’esté dernierque la disette des grains estoit si grande que le paysann’avoit pas un morceau de pain, on les obligeoit à mar-