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Tome troisième.
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cher sans leur rien donner. On a veu souvent des mal-heureux paysans conduisant leurs charriots tombezévanouis en chemin pressés par la faim et par le travail,la communauté ne laissant pas de souffrir des frais extraordinaires pour cela car dez que l’ordre des voituresest donné on en charge des invalides qui vont dans lesparoisses et se font payer leurs vacations, ils., y restentmesme jusques à ce que la paroisse ayent trouvé lenombre des charriots qu’on ltiy demande quoy que biensouvent elle ne l’aye pas parce que les bœufs sontmorts ou hors de service par le grand travail qu’onleur fait faire, on en a veu souvent mourir en chemin.

Ce ne sont pas les seules fournitures que l’on exige despaysans ; pendant tout le blocus de Montmeliant on leura fait fournir aux troupes du blocus le foin, la paille, lebois et l’huille, on exigeoit d’eux des corvées extraordinaires pour les lignes et les fortifications des postes;ce qui a continué du depuis dans toutes les occasionset sur tout l’esté dernier que l’on obligeoitles parroissesentières dans la misere et disette générale des grainsde quitter leurs maisons, d’abandonner leurs travauxordinaires, de travailler pendant des mois entiers sansleur donner un verre d’eau quoy qu’ils mourussent defaim, on leur fesoit espérer quelque dédommagementou imputation sur leur laillie ordinaire, mais ils n’ontjamais rien pu obtenir pour les corvées du blocus, ainsyon n’a pas lieu de rien observer pour tout le reste àmoins que M. l’intendant ne donne promptement lesordres necessaires là dessus. Ces frais ne sont rien encomparaison des avanies que leur font les receveurs.Comme par l’ordonnance de M. l’intendant il leur estdeffendu de traitter en argent avec les communautez etles particuliers, pour éluder cette ordonnance ils ont despersonnes affidées qu’ils indiquent à ces pauvres malheu-reux qu’ils disent avoir du foin et du bois qui le leurleur vendent à un prix extra ordinaire et moyennant lebilliet de ce tiers qui se charge de fournir la quantitéde bois ou de foin au magasin, le receveur en fait quit-tance ; il ne seroit pas difficile de prouver cette ma-nœuvre qui est pratiquée dans toute la Savoye ce qui