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DOCUMENT N° LXIV
Lettre du comte Sclaraudi-Spada à l’intendantespagnol don Amorin de Velasco.
M onsieur, j’eus l'honneur de vous représenter enmai i 746 que faute des payemens des gages quel-qu’uns de nos officiers de justice refusoient le serviceet demandoient de quitter et vous eûtes la bonté de merépondre par votre lettre du 30 may 1746 que le manqued’argent vous mettoit pour lors hors d’estat d’y satis-faire dont vous étiés bien fasché mais que vous m’assu-riés que quand vous le pourriés vous le fériés avec unvray plaisir. Le devoir de l’employ dans lequel il a plutà S. M. C. de me laisser continuer et celuy de ma cons-cience m’obligent maintenant à vous apprendre, Mon-sieur, que le mal augmente tous les jours, plusieursautres étans forcés de quitter le service, le détroit danslequel ils sont leur estant le pouvoir de se prester auxinsinuations que je leur ai faites pour les engager àcontinuer encore pour quelques tems, et par la con-nexité que les olliciers subalternes ont avec le Sénat jeprévois à mon grand regret, que si l’on ne pare promp-tement le coup qui nous menace, la justice qui a déjàbeaucoup souffert de la suspension des gages va cessertout à fait. Que ne dira-t-on pas, M r , dans tous les païsestrangers mesme des moins policés, de l’équité dugouvernement espagnol lorsqu’ils liront avec surprisesur les feuillets que les Estats de Savoye qui se sontsoumis avec douceur, obéissent avec fidélité et suppor-tent avec résignation les charges qu’on leur imposedepuis cinq années au delà de leurs forces, que cesmesmes Estats de la pauvre Savoye, dis-je, parmy leursmalheurs sont forcés de gémir encore sur le plus grandde tous savoir sur la cessation de la justice faute despayements des gages sursis de trente deux mois malgréles promesses flatteuses qu’on en a eu de tems à autre,surtout s’ils estoient instruits que la totalité de ces gagesne se montent chaque année qu’à quarante mille livres,petit objet si l’on veut avoir égard que les fournitures