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faites par lesdits Estats tant en argent qu’autrementsurpassent les cinq millions chaque année.
Soyiés persuadé, Monsieur, que mon devoir, monhonneur et la gloire de S. M., de ses ministres, de lanation, m’obligent à vous réitérer mes représentationssur ce fait important. Mon interest particulier n’y entrepour rien. Mon âge et un peu d’expérience que j’ayacquis dans les ditl'érens employs dont j’ay esté hon-noré, ont dus m’apprendre la façon de penser et d’agirdans des événemens de cette nature. Persuadé que jesuis de votre équité et clairvoyance je vous rends justice,M r , en croyant que les gages ne seroient pas restés enarriére si vous n’eussiéz là dessus des ordres ; je lesrespecte infiniment ainsy que tout le reste qui émanedes puissances supérieures, je ne m’en plains point etil me paroit que je me sens assez de forces pour souf-frir en silence les malheurs qui me touchent person-nellement.
Vous en serés convaincu, M r , par l’offre que je vousfais avec sincérité, et de grand cœur, et que je vousprie très instamment d’agréer, savoir que si vous vou-lez bien faire cesser les malheurs qui doivent néces-sairement s’en suivre de la cessation de la Justice enfaisant toucher les gages à tous les autres emploies, jeme verray avec indifférence estre le seul qui ne les tou-che pas au cas que vous jugiés à propos de m’oublierdans l’ordre du payement que vous donnerés pour lesautres.
Tout ce dont j’ose me flatter de votre amitié et bien-veillance c’est de me dire en amy si je puis compterréellement en tout ou en partie sus mes gages afin quen’ayant ny fond ny créances icy je puisse prendre lesarrangemens nécessaires pour continuer à tirer duPiedmont la subsistance que l’employ ne me fournitpas en Savoye et me mettre par là en estât de conti-nuer à emploïer mon zèle pour le bien des nouveauxsujets de S. M. C. et me conserver l’honneur que jeprise au delà de tout interest d’estre au sérvice d’un sigrand Roy.
J’ay l’honneur de me dire avec un respectueux atta-