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néantmoins d’une dizaine de familles sur les 160 quicomposent la communauté), à un tel point qu’en aucunesaison ils ne peuvent acquitter les redevances annuellesdont ils sont chargés, quoiqu’ils se nourrissent trèsmal, car le pain le plus grossier, souvent sans accompa-gnement, est leur seul aliment. Et comment mange-raient-ils un autre pain puisqu’ils sont obligés de ven-dre le peu de bon bled qu’ils retirent de leurs terrespour payer les tailles. Iieureux si le gros bled leurrestoit en entier! La vie la plus dure est le sort de cesgens là. Surchargés d’impôts, de redevances féodales,de dixme, de payement de vicaire, etc.; toujours enarrière et endettés, éloignés des villes, sans ressourcesd’aucun commerce, l’on peut sans exagération prendreleur estât pour un pur esclavage.
C’est aussy mal à propos que le commissaire rénovateurdu seigneur de Lescheraine a fait reconnoître en dernierlieu le territoire du hameau de Mont Lardier en fief lail-lable puisque les particuliers ont affranchi leurs person-nes et leurs biens. Pour en justifier, ils produisent sixpièces authentiques des affranchissements ou arrestsd’entérinement à la Royale Chambre, en date des 4, 5, 6may et 23 aoust 1572,24 février 1574,1 er février 1575, oùl’on voit qu’en exécution des Edits du 25 octobre 1561,23 janvier 1562 et 25 aoust 1565, et par commissionparticulière de S. A. il a esté procédé aux affranchisse-ments rière le Chalteliard de Beauges par mess. Amedde Cerise, conseiller de S. A. en la Chambre des comptesde Savove à ce spécialement député. Ces expressionsmarquent une marche d’affranchissement générale rièrecette paroisse ; en effect, on voit dans ces pièces que,moyennant finance, on a affranchi tous les particulierscy-après, chefs de maison de ladite paroisse, de touteservile condition, taillabilité, main morte, échutte, àlaquelle ils se trouvent ou se trouveront tenus etastreints envers S. A. et leur postérité de tout sexe etbiens d’iceux tout ainsy que l’homme par sa premièrenature est né libre ; et comme tels tiendront leurs biensen fiefs francs et libres sous les simples cerises et servis.Et les hommes affranchis rière ladite paroisse sont les