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i.nthoduction
d’une Chambre royale, chargée de juger au lieuet place du Parlement exilé.
On nous a cité les mots de ses amis, joyeux desa nomination à l’intendance de Limoges en 1761,et on nous a rappelé l’espérance que cette nomina-tion avait fait concevoir à Voltaire : « Un de nosconfrères vient de m’écrire qu’un intendant n’estpropre qu’à faire du mal; j’espère que vous prou-verez qu’il peut faire beaucoup de bien. »
Il reste treize ans à Limoges, et pendant les vingt-cinq années qui se sont écoulées depuis son entréeà la Sorbonne jusqu’à son départ de Limoges, il necesse d’être l’idole des encyclopédistes et des éco-nomistes. Il a connu successivement Quesnay, Gour-nay, Dupont de Nemours, Voltaire, Hume, AdamSmith, Condorcet. Sa correspondance est très éten-due. C’est un véritable chef d’école, et, quoique leduc de Choiseul ait dit, en parlant de lui en 1769,qu'il n’avait pas « une tête ministérielle », ses maî-tres, ses amis, ses disciples, le considèrent déjàcomme le seul ministre capable de rétablir l’ordredans l’administration et dans les finances de la mo-narchie ébranlée.
On a recueilli les lettres, les plans, les mémoires,les avis, les arrêtés, les circulaires, les comptesrendus, tout ce qu’il a écrit pendant la premièrepartie de sa vie. On peut le suivre, pour ainsi direjour par jour, pendant tout le temps qu’il a rempliles diverses fonctions dont il a été revêtu de 1750à 1774.