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TURGOT
que du xvm°, pendant lequel ils ont vécu. Pultcney,dans un discours prononcé sur la banque d’Angle-terre à la Chambre des communes le 30 mai 1797,avait pu dire d’Adam Smith qu’il persuaderait lagénération présente et gouvernerait la prochaine.On aurait pu porter le même jugement sur Turgot,car il a persuadé les esprits éclairés de son temps,sans réussir toutefois à dominer son siècle, tandisque par ses ulees, après sa mort, il a gouverné etgouverne encore la société française.
Le 5 janvier 1752, Turgot était appelé aux fonc-tions de substitut du procureur général; le 30 dé-cembre de la même année il entrait au Parlement,comme conseiller; mais il ne faisait qu’y passer, ouplutôt il n’y était plus bientôt attaché que par lesliens plus lâches qui unissaient encore les maîtresdes requêtes au Parlement.
Nommé maître des requêtes le 28 mars 1753, il enexerça exclusivement les fonctions jusqu’en 1761,époque à laquelle il fut envoyé à Limoges commeintendant; mais, pendant tout le temps de son inten-dance, de 1761 à 1774, il conserva néanmoins letitre et les prérogatives des autres maîtres des re-quêtes, prenant part à leurs travaux s’il le jugeaitconvenable, et siégeant avec eux quand il se trouvaità Paris.
Les maîtres des requêtes avaient des fonctionsadministratives et judiciaires. Ils faisaient des rap-ports au Conseil en présence des conseillers d’Etatet quelquefois même du roi. Ils étaient membres du