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que se faisait Turgot des rapports du droit naturelavec l’économie politique.
Quesnay était alors dans tout l’éclat de sa gloire ;il avait publié ses maximes et son tableau écono-mique. Ses disciples étaient comme des initiés ettraitaient le maître comme une sorte de Dieu. Ilss’appelaient les Economistes et formaient en réalitéune secte. Turgot n’aimait pas l’esprit de secte.Dans une de ses lettres sur la liberté du commercedes grains, on lit ce passage : « Je sais bien queceux qui depuis quelque temps parlent ou écriventcontre la liberté du commerce des grains, affectentde ne regarder cette opinion que comme celle dequelques écrivains, qui se sont donné le nom d’Eco-nomistes, et qui ont pu prévenir contre eux unepartie du public par l’air de secte qu’ils ont prisassez maladroitement et par un ton d’enthousiasmequi déplaît toujours à ceux qui ne le partagent pas. »
Quoique professant l’admiration la plus sincèrepour Quesnay, Turgot préférait l’intimité de Gournayà celle de l’auteur du Tableau économique. Gournay,son second maître et peut-être celui des deux qu’ilaimait le plus, avait, il est vrai, adopté les idées deQuesnay; mais il travaillait dans ce qu’on pourraitappeler un autre champ de ce domaine qu’ils avaientcréé ensemble et dont ils avaient enrichi le monde.
Dupont de Nemours se donne beaucoup de peinepour établir l’identité de vues de ces deux hommesremarquables et il a imaginé, pour la science dontils s’occupaient, tous les deux à la même époque,