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TUliGOT
le nom de « physiocratie ». Gournay était pour luiun physiocrate comme Quesnay.
L’idée principale de Quesnay était de porterl’agriculture au plus haut degré possible de pro-spérité. Il considérait comme dépendant du travailde la terre toutes les autres occupations du monde,et s’il réclamait la liberté pour l’industrie et le com-merce, c’était afin que la liberté du commerce, enfacilitant la mise en œuvre et le commerce des pro-duits agricoles, assurât à l’agriculture les moyensde se développer davantage. « Pauvres paysans,disait-il, pauvre royaume; pauvre royaume, pauvresouverain. »
Gournay, tout en reconnaissant que l’intérêt agri-cole devait être le principal souci des hommesd’Etat, s’attachait surtout à éclairer les questionséconomiques nées de l’industrie et du commerce.II avait remarqué que la concurrence était le pluspuissant aiguillon du travail et que chacun de noussavait mieux que son gouvernement ce qui était leplus favorable à son propre intérêt. Il avait prispour maxime cette parole : « Laissez faire, laissezpasser. »
Les idées propres de Gournay, développées etappliquées par Turgot, sont devenues l’économiepolitique moderne, l’économie politique d’AdamSmith et de Jean-Baptiste Say.
Les doctrines économiques de Turgot sont résu-mées dans deux écrits sortis de sa plume. Le pre-mier est une étude sur Gournay, qu’il a envoyée en