SA DOCTRINE ÉCONOMIQUE
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disponible, et seule la richesse disponible peut êtreemployée aux dépenses de l’Etat.
Tel est le célèbre opuscule de Turgot. Il renferme,sur les capitaux, la monnaie et la concurrence, lesvérités les plus précieuses et les plus nouvellespour l’époque où elles ont été produites. Il devaitêtre et il a été nécessairement et incessamment pré-sent à l’esprit d’Adam Smith, quand l’auteur de laThéorie des sentiments moraux écrivait, neuf ans plustard, sa Richesse des nations.
Mais on est bien obligé de reconnaître que, s’ilest plein de vérités, il abonde aussi en erreurs;qu’il est comme imprégné de la pensée de Quesnaysur le produit net, affirmant sans cesse que la terredoit être considérée comme la source unique de larichesse.
Tout en regrettant les erreurs qui ont séduitTurgot, on ne peut s’empêcher de lui rendre hom-mage, ainsi qu’aux autres physiocrates. Il faut leshonorer, même pour leurs erreurs, car s’ils les ontcommises, ce n’est que pour avoir fait une fausseapplication de lois éternellement vraies, lois queQuesnay a eu l’honneur de découvrir. La fausseapplication que Turgot en a faite a donné un telretentissement à ces lois, que tous les penseurs lesont connues et les ont acceptées comme vraies.
Les physiocrates ont affirmé en premier lieuqu’il y avait une loi naturelle de la formation desrichesses, et que, pour permettre à cette loi de pro-duire tous ses effets et à l’humanité de s’enrichir, il