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Turgot / par Léon Say
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TURGOT

fallait laisser aux hommes réunis en société et con-stitués en nations, dabord la liberté de produire,ensuite la liberté dacheter, de vendre et de trans-porter les produits de la culture, de lindustrie et ducommerce; enfin la liberté daccumuler des capitaux,de les faire circuler, de les prêter, de les employerau développement de la richesse générale. Cest lapremière et la plus haute des vérités quon leurdoit.

Une autre vérité quils ont enseignée au monde,cest que les impôts sont soumis à une loi naturelledincidence. LEtat peut forcer une classe de citoyensà payer des impôts, mais il ne peut pas empêcherceux qui ont fourni les espèces, de sen faire rem-bourser par dautres si la loi économique naturellele permet ou le prescrit.

Les physiocrates ont établi victorieusement queles contribuables ne sont, dans bien des cas, que desintermédiaires, dont la fonction est de payer lesimpôts pour ceux qui doivent les acquitter en der-nière analyse, faisant ainsi de leurs deniers, auxvéritables débiteurs de lEtat, des avances recou-vrables, dans un délai plus ou moins long, avecplus ou moins de difficultés.

Ils ont conclu de cette observation que leshommes qui ne possèdent que leurs bras, et dontle travail seul assure la subsistance, ne doivent pasêtre frappés de ces sortes dimpôts qui, par leurnature, se répercutent, car on obligerait les pau-vres, si on les forçait de payer dans ces conditions,