SA DOCTIUNU ÉCONOMIQUE /,9
beaucoup de clarté, cette doctrine erronée. La pre-mière partie de la lettre avait été consacrée parHume à raconter à son ami, dans les plus grandsdétails, les incidents de sa querelle avec J.-J. Rous-seau. « Mais j’ai le cœur fatigué de ce sujet, commevous pouvez le croire, et je vais en prendre congé,j’espère bien, pour toujours. Quoique ma lettre aitdû vous fatiguer aussi, je suis tenté de dire un motde la question politique qui a été souvent agitée entrenous, c’est-à-dire de la méthode qui convient pourasseoir les impôts. Vaut-il mieux les asseoir sur lespropriétés foncières, ou sur les consommations?Vous avouerez que, les ressources publiques devantêtre employées à la défense de la Communauté toutentière, il est plus équitable de les tirer de tout lemonde; mais vous dites que c’est impraticable etque le poids en tombera sur la terre en lin decompte et qu’il vaut mieux imposer la terre direc-tement. Vous supposez donc que les travailleurs sefont toujours payer le prix de leur travail en raisondes impôts? Mais c’est contraire à l’expérience. Lamain-d’œuvre est plus chère à Neufchâtel et dans lesautres parties de la Suisse où il n’y a pas d’impôts,que dans les provinces limitrophes de la France, où ily en a beaucoup. Il n’y a presque pas d’impôts dansles colonies anglaises, et la main-d’œuvre y est troisfois plus chère que dans aucun pays d’Europe. Il ya de lourdes taxes sur les consommations en Hol-lande, et la République ne possède pas de terres surlesquelles elles puissent tomber. Le prix de la main-»
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