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Turgot / par Léon Say
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TÜUGOT

vail alimenté par les anciennes accumulations decapitaux, naurait aucun droit de demander à sesnationaux les moyens de subvenir aux dépensespubliques. Il est pourtant impossible de nier quunpeuple, à quelque degré de richesse quil soit par-venu, ou à quelque degré de pauvreté quil ait étéréduit, ne soit toujours obligé de pourvoir en com-mun à certains services généraux et de transformer,quoi quil arrive, quelques-unes de ses dépenses pri-vées en dépenses publiques.

La vérité est que limpôt doit être, pour tout lemonde, une augmentation deffort ou une diminu-tion de jouissance, et que lépargne annuelle dupays, si elle peut concourir à la dépense, ne doit pasfaire le fond unique, ni même le fond principal desressources budgétaires.

Une seconde erreur vient sajouter à la première.Non seulement Turgot croit que le Trésor ne peutêtre alimenté que par le produit net de la nation,mais il estime quil ny a, dans la nation, dautreproduit net que celui des propriétaires; d il con-clut que les capitalistes, les industriels et les com-merçants doivent être exonérés de tout impôt, leurpart dans les contributions publiques étant payéepar les propriétaires, et ceux-ci sen faisant rem-bourser en leur vendant plus cher tout ce qui faitlobjet de leur commerce ou de leur industrie. Dansune lettre datée de 1766 et conservée aux archivesde Lantheuil, David Hume, écrivant à Turgot, réfuteavec beaucoup de force, après lavoir exposée avec