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TUItGOT
de l’industrie, qui constituait, à proprement parler,toute l’économie politique de Gournay, a reçu deTurgot un tel éclat par les applications qu’il en afaites et par les admirables preuves qu’il a donnéesdes résultats heureux qui pouvaient en sortir, qu’ellea fait oublier les erreurs du produit net et de laprédominance exclusive de la terre sur les capitauxmobiliers.
La recherche du produit net qui doit fournir lasubstance de l’impôt, et la théorie foncière qui voitdans la terre la source unique de toute richesse,sont devenues simplement des hypothèses qui ontexpliqué la grande loi de l’incidence naturelle desimpôts et qui ont mis en lumière l’admirable maximequ’il n’y a pas d’Etat riche là où le peuple estpauvre, d’où l’on a tiré cette autre conséquence d’unevérité non moins incontestable, que l’Etat ne peutpas s’enrichir quand il ruine les contribuables. Sil’on considère certains prolégomènes économiquescomme des hypothèses, on peut dire que les théoriesde Quesnay ont été aussi utiles au progrès dessciences économiques que d’autres hypothèses au-jourd’hui abandonnées sur l’émission de la lumièreet sur la nature de l’électricité l’ont été au progrèsdes sciences physiques. Turgot s’en est servi àl’exemple des hommes les plus éminents de son siècle,mais c’est en dehors de ces hypothèses et en affir-mant la liberté du travail et du commerce, c’est enfondant la doctrine de la liberté du travail sur desbases inébranlables, qu’il a été le précurseur d’Adam