SA DOCTRINE ÉCONOMIQUE
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profonde. On peut même dire qu’il se l’est rendue,pour ainsi dire, personnelle par la force areclaquelle il l’a exposée. Il ne faut pas oublier cepen-dant qu’il n’était pas de la petite Eglise, que per-sonne — lui-même aurait protesté autant et plus queles autres —■ ne le reconnaissait comme l’interprèteattitré, ofliciel, du Maître, et qu’il lui répugnait d’at-tribuer aux maximes de Quesnay cette valeur dog-matique que les initiés ont de tout temps attachéeaux idées des fondateurs de leur secte.
En dehors de l’école proprement dite des écono-mistes, il avait des amis et même des maîtres. Ilprofessait pour Gournay un respect égal à celuiqu’il avait pour Quesnay. Il vivait avec lui dans lestermes d’une intimité plus familière.
Pour comprendre sa doctrine, il ne faut donc passe borner à en chercher le sens dans Y Essai sur laformation et la distribution des richesses ; il fautencore en suivre le développement dans ses entre-tiens avec Gournay.
Ce n’est pas ii dire que Turgot ait modifié, dansles études qu’il a poursuivies avec Gournay, lesidées fondamentales sur le rôle de la terre dans laproduction de la richesse, qu’il avait puisées auprèsde Quesnay, ni qu’il ait reconnu, à la suite de sesentretiens avec Gournay, des erreurs dans lesquellesil serait tombé précédemment.
L 'Essai sur la formation et la distribution desrichesses est postérieur à la mort de Gournay ; maisla théorie de la liberté du travail, du commerce et