INTENDANCE DE LIMOGES
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Malgré tant d’avantages, la chose lui paraît cepen-dant impossible, parce que, dans le s}'stème de laquotité, le gouvernement est seul contre tous et quechacun est intéressé à cacher la valeur de son bien,sans que personne soit intéressé à rétablir la vérité.11 ajoute encore une considération qui n’a rien perdude sa force, parce que la méthode générale d’exploi-tation des terres a bien moins changé en France,depuis cent vingt ans, que beaucoup de personnes nese l'imaginent. C’est que si, dans les pays de grandeculture, on peut avoir par le prix des fermages uncontrôle du revenu foncier, il n’en est pas de mêmedans les pays de métayage où il n’y a point de baux,et où par conséquent ce genre de contrôle dispa-raît; et il ajoute que tout n’est point affermé, bienloin de là : « c’est à peine le tiers du royaume quiest cultivé par fermiers ».
Quant à se confier à l’honnêteté des déclarants, ilne croit pas que ce soit un mode pratique de recou-vrement de l’impôt, et il termine par cette conclusionfort peu consolante, mais fondée sur une connais-sance bien profonde du cœur humain : « La fraude,dit-il, serait très commune et dès lors ne serait pasdéshonnête ». C’est donc à la répartition d’unesomme fixe qu’il conseille de s’en tenir.
Pour lui, l’impôt foncier doit être un impôt derépartition, assis au moyen d’un cadastre immuable,établi par un arpentage et une classification desterres selon leur qualité. Ce système qu’il préconisen’est autre que celui qui a été établi en France par