INTENDANCE DE LIMOGES
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lors de la guei’re des farines, en original, et ellesn’ont pas été retrouvées; les minutes ont disparuet il n’en est resté que des analyses et des fragments;les autres sont complètes.
Le contrôleur général abbé Terrày, se trouvantavec Turgot à Compiègne, lui avait exprimé, quel-ques mois auparavant, ses doutes sur les avantagesde la liberté du commerce des grains. « Trois sortesde personnes, lui avait-il dit, sont intéressées auchoix d’un système sur la police des grains : lespropriétaires de biens-fonds, les cultivateurs et lesconsommateurs. Je conviens que le système de laliberté est infiniment favorable aux propriétaires.A l’égard des cultivateurs, l’avantage qu’ils y trou-vent est purement passager, puisqu’il l’expirationdu bail les propriétaires savent bien se l’appro-prier tout entier par l’augmentation du fermage.Enfin les consommateurs souffrent évidemment leplus grand préjudice de la liberté qui porte lesprix à un taux qui n’a plus aucune'proportion avecleurs moyens de subsister et qui augmente toutesles dépenses. » Et l’abbé Terray concluait que laliberté n’était favorable qu’au plus petit nombre descitoyens, indifférent aux cultivateurs, et très pré-judiciable à l’incomparablement plus grand nombredes sujets du roi.
C’est à cette suite de raisonnements que Turgotentreprit de répondre dans ses lettres. 11 considère,en premier lieu, comme une erreur de croire quela liberté du commerce puisse avoir pour conséquence