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TUIÏGOT
de renchérir le prix moyen des grains; c’est le con-traire qui est vrai. Il n’a pas de peine à prouver quesi les cultivateurs et les propriétaires ne peuventdisposer librement de leurs récoltes, que s’ils sontforcés de vendre bon marché quand ils sont en pertesur la quantité, sans pouvoir compenser la rareté deleur production par l’élévation du prix, ils sontportés naturellement à préférer d’autres cultures àcelle qui les expose à tant de persécutions. La poli-tique d’intervention dans le commerce ne peut avoird’autre résultat que de diminuer l’importance desrécoltes, ce qui entraîne inévitablement une éléva-tion dans le prix moyen des blés. Sous le régimedes règlements de police les prix sont plus variables;sous le régime de la liberté ils le sont moins. « Lesrèglements et les gênes, dit Turgot, ne produisentpas un grain de plus, mais ils empêchent que legrain, surabondant dans un lieu, ne soit porté dansles lieux où il est le plus rare. »
Turgot examine ensuite ce qu’il appelle les troisbranches de l’opinion de l’abbé Terray.
Il constate d’abord qu’il est d’accord avec lui surce que les propriétaires sont intéressés à la liberté,mais ce n’est pas du tout, comme le croit le contrô-leur général, parce que la liberté fait hausser les prix,puisque c’est le contraire qui est vrai. Une des con-séquences du défaut de liberté, c’est qu’on n’ose pasdans les bonnes années mettre en magasin le surcroîtde sa récolte, de peur d’être poursuivi comme acca-pareur au jour de la disette. Aussi arrive-t-il qu’aux