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ÏÜKGOT
toujours dans les partis courageux que vous aurezà prendre. »
Le lendemain Turgot porta au roi son célèbreprogramme. « Je me borne en ce moment, Sire, àvous rappeler ces trois paroles : — Point de ban-queroute, point d’augmentation d’impôts, point d’em-prunts. Point de banqueroute, ni avouée, ni mas-quée par des réductions forcées. — Point d’augmen-tation d’impôts ; la raison en est dans la situation devos peuples et encore plus dans le cœur de VotreMajesté. —■ Point d’emprunts, parce que tout empruntdiminue toujours le revenu libre; il nécessite, aubout de quelque temps, ou la banqueroute, ou l’aug-mentation des impositions. »
Pour exécuter ce programme, il ne proposait qu’unmoyen, c’était de réduire la dépense et d’en fairedescendre le montant au-dessous de la recette. Il saitbien que tous ceux qui ont des dépenses à faire dansles différents ministères soutiendront que toutes sontindispensables, et il ne doute pas qu’ils ne le sou-tiennent par de fort bonnes raisons; mais il sait aussique toutes leurs raisons doivent céder à la nécessitéabsolue de l’économie. Il représente avec force auroi qu’on ne peut soulager le peuple que par laréforme des abus, ce qui est difficile parce qu’il ya beaucoup de gens intéressés à les maintenir, « caril n’est point d’abus dont quelqu’un ne vive »....« J’aurai à combattre, dit-il, contre la bonté naturelle,contre la générosité de Votre Majesté et des per-sonnes qui lui sont le plus chères.... Votre Majesté