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TÜRGOT
ceux de ses collaborateurs dans lesquels il avait leplus de confiance de réunir les éléments de ce quenous appelons aujourd’hui le budget des recettes etdes dépenses.
« 11 ordonna, dit Dupont de Nemours, la rédactiond’un tableau méthodique et circonstancié qui con-tînt les plus grands détails sur chaque partie desrecettes et des dépenses. » Ce tableau a été con-servé.
Nous possédons également un état du même genredressé par son prédécesseur quelques jours aupara-vant. L’abbé Terray, que Louis XVI avait maintenu auministère pendant quelques mois, avait espéré qu’ilpourrait y rester définitivement en accommodant sapolitique au nouveau règne et en changeant de prin-cipes, puisque de nouveaux principes paraissaientêtre plus à la mode. Dans le mémoire et le tableauauquel nous faisons allusion, il rejetait sur d’Ai-guillon et sur de Boynes, les ministres de la guerreet de la marine, la responsabilité du déficit et faisaitun grand état des efforts auxquels il s’était livrépour réduire les dépenses par tous les moyens.Weber raconte que, dans les entretiens qu’il avaitavec ses amis, l’abbé disait qu’ « il était parvenu, àforce d’injustices, de banqueroutes, de spoliations,à combler le déficit moins cinq millions. Il en avaitlaissé 57 au Trésor, outre 14 en réserve pour lesbesoins imprévus ; les anticipations étaient réduitesà 3 mois. Il avait fourni aux dépenses accoutumées,à des préparatifs de guerre, à la circonstance de trois