TÜRGOT MINISTRE
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qui aurait forme une administration analogue à notreministère de l’Instruction publique.
| « Je crois ne pouvoir rien vous proposer, disait-il
au roi, de plus avantageux pour votre peuple et deplus propre à maintenir la paix et le bon ordre, àdonner de l’activité à tous les travaux utiles, à fairechérir votre autorité et à vous attacher de plus enplus le cœur de vos sujets, que de leur faire donnerà tous une instruction qui manifeste bien les obli-gations qu’ils ont à la société et à votre pouvoirqui la protège, les devoirs que ces obligations leurimposent, l’intérêt qu’ils ont à remplir ces devoirspour le bien public et pour le leur propre. Cetteinstruction morale et sociale exige des livres faits^ exprès au concours, un maître d’école dans chaque
paroisse, qui les enseigne aux enfants, avec l’art
d’écrire, de compter et de toiser_ L’éducation
civique que ferait donner le conseil de l’instructiondans toute l’étendue du royaume, et les livres rai-sonnables qu’il ferait faire et qu’il obligerait tousles professeurs d’enseigner, contribueraient encoreplus à former un peuple instruit et vertueux. »Tout en se préoccupant de ruiner les préjugésdans l’avenir et de faire, comme il le disait, un peu-ple neuf, Turgot ne se donnait pas moins au présentet cherchait les moyens les plus prompts et les plus^ efficaces pour guérir la plaie invétérée du désordre
financier, plaie élargie encore par l’administrationmalhonnête de l’abbé Terray.
A peine installé au contrôle général, il chargeait