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nouveau soumis ce commerce à la rigueur des anciensrèglements de police. Il avait flatté, par ce retour auxanciens usages, les préjugés du peuple et des parle-ments et satisfait les publicistes qui estimaient quela subsistance de la nation ne pouvait pas être aban-donnée à ce qu’ils appelaient la libre cupidité descommerçants. Il avait trouvé d’ailleurs un secoursprécieux pour la défense de sa politique, dans le j
livre d’un homme de beaucoup d’esprit, ami parti- ;
culier des gens de lettres et des encyclopédistes,mais dont les idées peu libérales en matière écono-mique contrastaient singulièrement avec les opinionsde la plupart de ses amis.
L’abbé Galiani, c’est de lui dont nous voulonsparler, avait composé une suite de dialogues sur la ^
liberté du commerce des grains, et, dans ces dialo-gues remplis de malice, d’esprit et d’exemples tirésde l’histoire de tous les pays, il avait affirmé que lapolitique, en ce qui regarde les grains, ne pouvaitêtre qu’une politique de circonstance ; qu’elle devaitêtre différente selon les pays et, dans un même pays,selon qu’il s’agissait de l’intérieur des terres ou dubord dé la mer.
L’abbé Terray n’avait pas dédaigné le secours quelui avait apporté l’abbé Galiani, mais il se souciaitfort peu de ses raisonnements. Ce n’étaient, au fond,ni les cris du peuple, ni les vœux des parlements, »
ni les théories de Galiani qui devaient le décider àl’abrogation de l’édit de 1764. Il ne se rendait àaucun des arguments de ceux qui raisonnaient dans