TUKGOT MIMSTIIE
99
son sens, de même qu’il avait négligé les avis queTurgot lui avait envoyés du Limousin dans les septadmirables lettres que nous avons analysées plushaut.
Le but qu’il poursuivait n’était autre que l’établis-sement du monopole du commerce des blés, entre lesmains de ses serviteurs, de ses associés et peut-être, comme on l’a dit souvent, des associés du roiLouis XV. Il fallait réaliser, sinon l’arrangementauquel on a donné le trop gros nom de Pacte defamine, du moins le monopole de la spéculation surla denrée de première nécessité par excellence, lepain du peuple.
On a beaucoup écrit sur le Pacte de famine; c’estune affaire dont les bruits populaires ont considéra-blement grossi l’importance, mais il n’est pas dou-teux que les opérations sur les blés qui en ont été laconséquence, n’aient été accompagnées de vols, dedilapidations coupables, de spéculations honteusesqu’on est en droit de dénoncer et de‘flétrir, quoi-qu’aucun historien ait jamais pu en établir exacte-ment le compte ni dresser la liste de ceux qui yavaient fait fortune ou qui en avaient retiré quelqueavantage.
Un avocat homme d’affaires, nommé Leprévostde Beaumont, avait eu connaissance d’un contratde société passé entre Malisset, ancien boulanger àParis, inventeur d’un procédé perfectionné pour lamouture du blé, et un certain nombre de capitalistes.Cette société avait pour objet d’exécuter un traité