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telle sorte que les provinces les mieux fournies dus-sent reverser leur trop-plein sur celles qui l’étaientmoins. « Une commission avait été formée, disentles mémoires sur Terray, pour connaître l’affairedes blés. Elle avait sous elle deux directeurs ouagents généraux faits pour les achats et les trans-ports (Sorin de Bonne et Doumerc) ; en sorte qu’ilsemblait que tous les abus, en cette partie, auraientdû être incessamment réprimés. Mais les conseillersd’Etat se plaignaient qu’on ne les consultait pas,(ju’on ne leur communiquait rien, et en effet l’abbéTerray leur avait toujours apporté la besogne toutemâchée. Ce qui avait rendu cette conduite plus sus-pecte, c’est que Brochet de Saint-Brest, son âmedamnée, extrêmement gueux à son entrée au Conseil,affichait, depuis qu’il était de ce bureau, une opu-lence et un luxe étonnants; d’où l’on présumait queces MM. Terray et Brochet, bien loin de remédier aumonopole, le favorisaient et l’exerçaient par leurssuppôts puissamment riches aussi. »
Un mois après la destitution de Brochet de Saint-Prest, le 17 septembre 1774, deux pêcheurs trou-vaient dans la Seine, aux environs de Suresnes, sousune grosse pierre, une liasse de papiers concernantla régie des blés. Albert, l’économiste, l’intendantdu commerce, l’ami de Turgot, qui avait été nomméà la place de Brochet, reçut la liasse trouvée par lespêcheurs. Il fit immédiatement apposer les scelléssur les papiers de Sorin et Doumerc et les fit mettreeux-mêmes tous deux à la Bastille. On trouva des