TU RG UT MINISTRE
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preuves accablantes contre Brochet et sa femme, quiavaient emprunté des sommes importantes à la caissede la régie, mais les écritures des régisseurs parurentbien tenues. On aperçut bien la trace de quelquesdétournements, sur lèsquels le contrôleur général,c’est-à-dire Terray, avait sans doute fermé les yeux,mais il ne sortit de l’enquête rien qui pût justifierune poursuite criminelle. Albert lit mettre en libertéles deux régisseurs en déclarant qu’il y avait sim-plement lieu à un règlement de compte à porter de-vant les tribunaux ordinaires et compétents. Quantaux bénéfices irréguliers réalisés dans des spécula-tions privées, ils devaient échapper aux recherches :il fut impossible de s’en rendre compte. Après tantde scandales, de rumeurs et de bruits, il n’y avaitqu’un parti à prendre : c’était de revenir à la libertédu commerce des blés et à dissoudre toutes ces com-pagnies, toutes ces régies, qui, « fussent-elles com-posées d’anges », comme avait dit Turgot en 1770,ne pouvaient échapper aux soupçons et à la colèredu peuple. Le contrôleur général prit donc la réso-lution d’abroger la législation improvisée par Terrayen 1770, et il lit bien. Il revint à la liberté, encoretrès restreinte d’ailleurs, de la déclaration de 1763 etde l’édit de 1764 dont le contrôleur général Bertin,collègue de Turgot dans le ministère de 1774, avaitpris autrefois l’initiative.
L’arrêt sur la liberté du commerce des blés futsigné au conseil des finances du 13 septembre 1774;mais il ne fut publié que le 20 du même mois.