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pas que vous me trouvassiez d’autre tort. Votre opi-nion à cet égard me serait vraiment sensible. »
Le livre de Necker eut un succès immense. Il s’enfit successivement un grand nombre d’éditions. Lesadversaires de Turgot, les parlementaires, les admi-nistrateurs de l’école de Colbert, le portèrent auxnues. Les partisans du système protecteur en ontfait et peuvent en faire encore aujourd’hui leurmanuel, et d’ailleurs ils n’y manquent pas, puisant,dans le livre sur la législation et le commerce desgrains, des arguments dont la valeur augmente enraison de l’honnêteté de celui qui les leur a fournis.Il existe cependant une autre école, qui se rattacheaux doctrines de certains adversaires de Turgot, etprofesse pour le livre de Necker une admiration nonmoins passionnée : c’est l’école socialiste de l’orga-nisation du travail. « Alors Necker prit la plume,écrit Louis Blanc dans son Histoire de la Révolutionfrançaise, et d’un sujet que Galiani semblait avoirépuisé, il fit sortir un livre puissant, un livre oùrégnaient d’un bout à l’autre une grave éloquence,une émotion contenue et dont certaines pages eus-sent pu être également,avouées par un homme d’Etatet par un poète. Ne cherchant dans la question desgrains qu’une occasion de combattre, au profit dupeuple, le système de l’individualisme, et remontantaux principes constitutifs des sociétés, Necker lessoumettait à un examen aussi élevé qu’audacieux. »M. de Molinari, dans l’édition qu’il a donnée dela Législation sur le commerce des grains, en porte