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un jugement bien contraire, jugement qu’on peuttrouver sévère, mais dont les libéraux ne peuventpas dire qu’il soit injuste. Il trouve dans ce livre« beaucoup d’ordre et de méthode, une certainechaleur dans le style, mais une absence complètede principes, une ignorance puérile des faits. Tou-jours l’auteur procède par des hypothèses, et, leplus souvent, scs hypothèses sont fausses. Plusqu’aucun autre, le livre de M. Necker a contribuéà égarer l’opinion sur l’importante question des sub-sistances. »
L’arrêt du mardi 13 septembre 1774, soumis denouveau au Conseil du mardi suivant 20 septembre,fut enfin livre à la publicité. Ce fut une joie profondepour tous les amis du ministre. Ce qui les frappatout d’abord et réunit, on peut le dire, l’approbationde tous les hommes d’un esprit élevé, ce fut lesoin pris par Turgot pour expliquer dans un préam-bule étendu les raisons du changement apporté parle nouvel arrêt à la législation en vigueur. Discuterdevant le public était une nouveauté; Turgot estainsi l’inventeur de cet usage, généralement prati-qué depuis lors dans les gouvernements libres, defaire précéder les projets de lois de ce que nousappelons aujourd’hui des « exposés de motifs ».
Mlle de L’Espinasse écrit à M. de Guibert : « Ilparaîtra d’ici à peu de jours un édit sur le commercedes blés, il sera motivé , cette forme est nouvelle ».Condorcet dit de son côté : « Il donna l’exempleutile de rendre au public un compte détaillé et rai-