Buch 
Turgot / par Léon Say
Entstehung
Seite
115
JPEG-Download
 

Tl] U GOT MINISTlilî

115

domaines du prince de Conti, pillant, brûlant lesmaisons, demandant du pain et détruisant les blés;excitant les populations à saisir les bateaux de blé,comme à Méry-sur-Oise, et à sen partager le con-tenu; et pénétrant dans les villes pour désorganiserles marchés. Le chevalier Turgot, frère du ministre,racontant plus tard à Soulavie les événements dumois de mai 1775, lui disait que « les pillards parais-saient avoir sur eux de lor et de largent et que leursmouvements étaient dirigés comme une opérationinsurrectionnelle et dans les meilleurs principes delart militaire, sans doute sous la conduite dungénéral expérimenté ».

Le 2 mai 1775, les bandes se présentèrent à Ver-sailles, elles pénétrèrent jusquau château, rempli-rent les cours, demandant à grands cris du pain.Turgot était à Paris, il avait été conférer avec lelieutenant de police et avec le maréchal de Biron.Le roi parut au balcon, voulut parler et ne fut pointécouté. On répandit le bruit quil avait cédé auxinstances de ceux qui lentouraient et quil avaitpromis de faire taxer le pain à deux sous; la cor-respondance du roi avec Turgot, conservée dansles archives de Lantheuil par M. le marquis Turgot,donne à cette opinion un démenti éclatant. Dansla journée du 2 mai 1775, le roi écrivit en effet desa main deux lettres à Turgot : la première est datéede onze heures du matin; la seconde de deux heuresde laprès-midi. Voici le texte de ces deux lettres :