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de renoncer à celle qu’il croit, commande un crime.Le sujet qui obéit fait un mensonge, il trahit saconscience, il fait une chose qu’il croit que Dieu luidéfend. »
Turgot n’estime d’ailleurs pas que le roi soitobligé par des formules « dressées dans des tempstrop dépourvus de lumières. Tout n’est pas perdu,et Votre Majesté ne peut être engagée à une chosequi serait injuste. »
Le parti dévot, dont le chef était alors le comtede Provence, s’exprimait sur le contrôleur généralavec la plus extrême violence. Le futur Louis XVIIIne dédaigna même pas d’écrire de sa main une dia-tribe contre le ministre; mais son pamphlet, intitulé« le Songe de M. de Maurepas », ne fit que fort peud’effet. Il ne convertit personne et ne fut lu quepar ceux dont les opinions étaient déjà formées.Les dévots cherchaient à inquiéter la consciencedu roi en lui disant que Turgot n’allait pas à lamesse. « M. Turgot ne va pas à la messe? demandaitLouis XVI à Maurepas. — Je l’ignore, Sire, répon-dait Maurepas; M. Terray y allait tous les jours. »
La reine subissait avec peine le contrôle de sesdépenses. Bailly raconte que Turgot avait obtenudu roi la promesse qu’aucune ordonnance au comp-tant ne serait délivrée pendant un certain temps.Peu de jours après, un bon de 500 000 livres étaitprésenté au Trésor au nom d’une personne de lacour-, c’était la reine, disait-on. Turgot alla prendreles ordres du roi. cc On m’a surpris, dit le roi. —