LES ÉDITS DE 1776
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se pratique actuellement. On sait que le rachat estaujourd’hui facultatif; tous les contribuables n’enusent pas, et la proportion entre les prestations enargent d’une part, et les prestations en n'atured’autre part Tarie d’un département à un autre. Maisil y a un fait remarquable, que la statistique a misen lumière : les départements où le rachat s’effectuedans la plus forte proportion sont ceux de l’anciennegénéralité de Limoges. C’est une tradition qui datede Turgot.
Dans le préambule général commun à ses sixédits, Turgot rappelait les conversions en argentopérées dans sa généralité et, à son exemple, dansquelques autres. Il estimait qu’il eût pu procéderpar arrêt sans faire enregistrer de loi, s’il avaitsongé à supprimer simplement la corvée ou si, laremplaçant par une contribution en argent, il n’avaitimposé cette contribution qu’aux seuls taillables.Mais son objet est différent, et il affirme, tout desuite et dès la première ligne de son préambule, quece qu’il cherche à réaliser c’est une véritable révo-lution dans l’assiette même des impôts.
Son but est, en effet, d’abolir les privilèges et desoumettre à l’impôt les membres de la noblesse etdu clergé dans les mêmes conditions que tous lesautres citoyens.
C’est parce qu’il contenait une attaque aussi for-melle et aussi directe contre les privilégiés et qu’ilmarquait un premier pas dans la voie de l’égalité detous les propriétaires devant l’impôt, que l’édit des