LES ÉDITS DE 1770
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Le préambule et le dispositif de l’édit d’abolitiondes corvées avaient été l’objet d’études très longuespréalablement à la remise qui en avait été faite auroi, et ils furent ensuite examinés et discutés à fondpar le garde des sceaux Ilue de Miroménil. Cherest,dans son histoire de la Chute de l'ancien régime, ditque lé roi demanda en outre l’avis d’un autre membredu Conseil, qu’il croit' être Malesherbes. Le mémoireque Cherest attribue à Malesherbes a été conservéaux Archives nationales.
Miroménil a présenté ses observations en suivant,paragraphe par paragraphe et article par article, lepréambule et les dispositifs de l’édit. Il commencepar affirmer son impartialité ; il rend justice auxintentions de l’auteur du projet et annonce le des-sein, non d’opposer une véritable contradiction, maisde discuter comme elle le mérite une matière siimportante. Il rappelle ensuite les travaux d’Orryet de Trudaine, qui ont pensé qu’on pouvait réformerla corvée, mais non l’abolir, et cherche à établir quetoutes les classes profitent du bon état des chemins;« les propriétaires, dit-il, ne profitent pas seuls del’avantage des grandes routes bien entretenues, lesvoyageurs, les rouliers, les paysans même qui vontà pied, en profitent également ».
Ce à quoi Turgot réplique : et A l’égard despaysans qui vont à pied, M. le garde des sceaux mepermettra de croire que le plaisir de marcher sur unchemin bien caillouté ne compense pas pour eux lapeine qu’ils ont eue à le construire sans salaire ».