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11 faudrait pouvoir citer d’un bout à l’autre, tantelle est intéressante, la discussion que poursuivent,la plume à la main, ces deux hommes éminents. Miro-inénil montre beaucoup de souplesse et produit sousdes formes très diverses et assez nouvelles des argu-ments dont le fond est fort ancien. 11 semble nevouloir pas les pousser jusqu’au bout et paraît croireque des corrections aisées à faire suffiraient àramener les esprits opposés. Turgot ne se laisseébranler ni déconcerter par aucun argument; il aréponse à tout.
11 est pourtant nécessaire, puisqu’on ne peut pasles transcrire toutes ici, de rapporter les principalesobjections de Miroménil et les réponses de Turgotau sujet de l’impôt de remplacement destiné à faireles fonds de l’entretien des routes.
« Je ne répéterai pas ici, dit Miroménil, ce quej’ai dit dans mes observations sur le préambule duprojet, relativement aux inconvénients que Ton peuttrouver en général dans l'établissement d’une impo-sition territoriale substituée à la corvée de bras etde chevaux, — mais j’observerai qu’il est peut-êtredangereux de détruire absolument tous ces privi-lèges. Je ne parle pas de ceux qui sont attachés àcertains offices que je ne regarde volontiers quecomme des abus, acquis à prix d’argent, plutôt quecomme de véritables privilèges; mais je ne puis merefuser à dire qu’en France le privilège de la no-blesse doit être respecté et qu’il est. je crois, del’intérêt du roi de le maintenir. »