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Turgot / par Léon Say
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défenseurs de l'Etat, ne peuvent certainement; pasêtre regardés du même œil quand il est devenucommun à la race des traitants qui ont pillé llîtat.Dailleurs quelle administration que celle qui feraitporter toutes les charges publiques aux pauvrespour en exempter tous les riches ! »

Le mémoire que Cherest attribue à Malesherbescontient des observations analogues exprimées dansdes termes à peu près identiques. Turgot prétendait,non sans raison, que la doctrine quil soutenaitétait celle quavaient toujours défendue les hommesdEtat qui avaient essayé de rétablir lordre dansles finances depuis Desmarcsts, Orry et de Machaultjusquà lui-même. « Tous les ministres des financessans exception, disait-il, ont tous pensé et agi demême; tous ont cherché à consolider l'impôt desvingtièmes, tous ont cherché à restreindre le privi-lège de la taille. » Lauteur du mémoire partage cetavis; il commence ainsi : « Tout noble, à la vérité,nest pas riche, mais tout riche est noble.... Limpôt,qui, aux yeux de la raison et de la justice, doit êtreen proportion de la richesse, est un impôt dont, aucontraire, on sexonère à force de richesse » ; et iltermine par ces mots : « Je conclus de tout ceci quelobjection du Parlement en faveur des privilègesde la noblesse nest pas fondée, mais quil seraitdu plus grand danger que le roi laissât ce systèmeprendre quelque faveur, parce quil tend à détruiretout ce qui sest fait de grand depuis un siècle ettout ce qui peut être fait de bon dans la matière des