LES ÉDITS DE 1771 )
141
impositions. Enfin, sans être plus ami du despo-tisme que je ne l’ai jamais été, je dirai toujours auroi, je dirai au Parlement, je dirai tout haut, s’il lefallait en présence de la nation entière, que cetteaffaire est de celles où le roi doit se déterminer parsa volonté absolue; et en voici la raison : La ques-tion étant bien entendue, ceci est un procès entreles riches et les pauvres. Or de qui le Parlementest-il composé? De gens riches, par comparaisonavec le peuple, et tous nobles, puisque leurs chargesdonnent la noblesse. De qui la cour, dont le cri estsi puissant, est-elle composée? Des grands de l’Etat,dont le plus grand nombre a des terres qui payerontl’imposition et ne payaient pas la corvée. De quile public de Paris est-il composé? De beaucoup denobles ou de riches jouissant des privilèges de lanoblesse et qui sont ceux qui parlent le plus haut,et d’un peuple qui supporte d’autres impositions,mais qui ne paye ni la taille ni la corvée. Par con-séquent, ni les remontrances du Parlement, ni l’ap-plaudissement du public de Paris, ni même lesréclamations de la cour, ne doivent faire aucun pré-jugé dans cette cause_ Qu’on assemble, dit-il, des
Etats généraux ou particuliers en France, c’est levœu de mon cœur; c’est celui de tous les bons Fran-çais. Que ces Etats soient constitués de façon que lepeuple puisse réellement s’y faire entendre et n’aitpoint, pour uniques représentants, des baillis, dessénéchaux, des gens en charge qui ont des intérêtstout différents de ceux du vrai peuple et qui sont