LES ÉDITS DE 1776
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Mais Malesherbes, l’ami et le collaborateur deTurgot, demandait qu’on introduisît des modifica-tions dans le dispositif de l'édit des corvées, afin deprévenir certains abus administratifs; il aurait désiré,si on ne pouvait obtenir l’assentiment du Parlement,qu’on s’adressât à la Cour des aides.
Trudaine soutenait que ces demi-mesures passe-raient pour de la faiblesse. Turgot était naturelle-ment du même avis que Trudaine. Le roi était avecTurgot ; on résolut en conséquence d’avoir recoursau lit de justice.
Mais, dans l’intervalle, la bataille des brochuresse poursuivait avec une activité toujours croissante.Chaque jour voyait éclore une nouvelle requête, unnouveau mémoire, de nouvelles chansons, de petitsvers et des quolibets.
M. de Malesherbes fait tout;
M. de Sartine doute de tout;
M. Turgot brouille tout;
M. de Saint-Germain renverse tout;
M. de Maurepas rit de tout.
Les amis de Turgot s’émurent de toutes cespiqûres : c’était un tort; ils se fâchèrent, ce fut untort de plus. Le Conseil les satisfit en sévissant contreles auteurs des mémoires et des pamphlets; et il sup-prima leurs ouvrages par un arrêt du 22 février 1776.
Le Parlement répondit tout de suite à cet acte desévérité, dans lequel il vit un défi, et, le 23 du mêmemois, pour répondre aux amis de Turgot, il pour-
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