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suivit un livre contre les privilégiés, qui faisaitbeaucoup de bruit, et qui avait pour titre les Incon-vénients des droits féodaux. L’auteur, nommé Bon-cerf, était un commis de Turgot; il avoua l’ouvrageet fut décrété d’ajournement personnel. Ce livreparaît bien modéré à ceux qui le lisent aujourd’hui.L’auteur énumère les inconvénients des droits féo-daux sans exagération de langage et il propose sim-plement d’en autoriser ou d’en prescrire le rachat.On permettrait aux vassaux actuels de racheter leursterres sans les y contraindre; leurs héritiers seulsy seraient obligés. Le Parlement vit dans la discus-sion de ce système, comme une sorte d’attentat, etil condamna la brochure « comme injurieuse aux loiset coutumes de France, aux droits sacrés et inaliéna-bles de la couronne et au droit de propriété des par-ticuliers ; comme tendant à ébranler toute la constitu-tion de la monarchie, en soulevant tous les vassauxcontre leurs seigneurs et contre le roi même, en leurprésentant tous les droits féodaux et domaniauxcomme autant d’usurpations, de vexations et (leviolences également odieuses et ridicules ».
Turgot manda immédiatement Boncerf à Versaillesauprès de lui pour le soustraire au Parlement, auquelil lit donner l’ordre de cesser toutes poursuites. Vol-taire, en apprenant cet acte de vigueur, ne se tient pasdejoie et il écrit à Audibert le 28 février 1776 : « Voussaviez peut-être que ce Parlement ayant fait brûlerpar son-bourreau, au pied de son grand escalier, unexcellent livre en faveur du peuple,, composé par